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" Il manque un vrai buteur" au Syli national, dixit Kaba Diawara

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L'été dernier, Kaba Diawara mettait un terme à sa longue carrière. Un an
après, Footafrica365.fr vous propose de retrouver l’ancien attaquant de
la Guinée, toujours passionné par le football en général et le Syli
national en particulier. Entretien.

Kaba, cela fait un an que vous avez raccroché les crampons, que devenez-vous ?
J’ai travaillé comme consultant pour Orange Sport durant la dernière CAN. J’ai suivi l’épreuve depuis Paris. C’était une expérience très plaisante, et j’ai envie de continuer dans cette voie.

Laissé libre par Arles-Avignon, vous aviez pourtant repris en juin 2011. Ne regrettez-vous pas d’avoir dû mettre un terme à votre carrière ?
J’avais le choix : soit arrêter en restant sur une année en Ligue 1 avec quelques buts marqués, soit chercher un nouveau club. J’avais fait le stage UNFP, je m’orientais vers la seconde solution, mais j’avais pris du poids, et je me suis blessé au genou. Cela m’a fait comprendre qu’il était temps de dire stop.

Avant cela, vous aviez aussi mis un terme à votre carrière internationale. Le Syli national vous manque-t-il ?
Non. C’était devenu dur sur la fin, tous ces déplacements… Je ne suis pas parti en très bons termes. Ceci dit, l’ambiance me manque, en sélection tu rencontres des mecs super, tu t’enrichis humainement parlant. Lorsque les résultats sont là, cela gomme les aspects négatifs. Sinon…

Cette mauvaise organisation est-elle particulière à l’Afrique ?
Oui, quand même. On te demande de représenter le pays. Mais on ne te donne pas les moyens de bien travailler. C’est compliqué.

Parlons du Syli de 2012. L’équipe avait commencé ses éliminatoires du Mondial 2014 par une victoire au Zimbabwe mais a ensuite été battue à Conakry par l’Egypte, au bout du bout du temps additionnel. Une défaite cruelle, non ?
Oui et non. C’est vrai que cela peut paraître injuste, mais je crois surtout que cela révèle un manque d’expérience dans l’équipe. Il n’y a plus de Bobo Baldé, pas de Pascal Feindouno non plus. Si j’avais été sur le terrain, à 2-2 j’aurais demandé à tout le monde de calmer le jeu. Ne pas perdre, c’était déjà pas mal vu la physionomie du match. Mais les joueurs ont voulu tout faire pour gagner, ils ont été pris dans l’enthousiasme du public. Cette euphorie a été fatale. C’est dommage. Si tu veux aller au Mondial, tu dois apprendre à gérer ces moments-là…

A l’image d’Ibrahima Traoré, pas mal de titulaires en sélection manquent de temps de jeu avec leur club. Quel est votre avis à ce sujet ?
Je lui conseillerais de bouger, de trouver un club qui a vraiment besoin d’eux.

Que les jeunes joueurs se prennent davantage en charge, c’est votre message ?
Oui. Comme on le faisait nous-mêmes à notre époque. On faisait des réunions dans les chambres avant les matches, et on se donnait des objectifs supplémentaires par rapport à ceux du coach. Cela nous aidait à donner le maximum une fois la rencontre venue.

« Il manque un vrai buteur au Syli national »

Malgré l’élimination au premier tour de la CAN, les instances guinéennes ont décidé de garder Michel Dussuyer en poste. Ont-elles eu raison ?
Bien sûr. Son 4-4-2 fonctionne bien. C’est un vieux schéma, mais qui marche bien en Guinée car nous avons beaucoup de bons joueurs de couloir. C’est positif de laisser au coach le temps de construire.

Vous avez bien connu Michel Dussuyer. Quelle est votre opinion à son sujet ?
Ce n’est pas une personne qui parle. Il est beaucoup plus introverti que la plupart des techniciens, mais ses actes parlent pour lui. C’est un mec droit, un peu comme un professeur. Si tu écoutes, cela t’apporte beaucoup. Je le comparerais à Arsène Wenger. En Afrique, c’est un profil atypique. C’est sans doute ce qui fait sa force.

La Guinée jouera cet automne sa qualification pour la CAN 2013. Vous la voyez passer ?
Oui, je pense qu’on va se qualifier. Avec la Zambie, on a vu que l’heure de tout le monde pouvait venir, alors pourquoi pas la nôtre ? Les Zambiens ont su forger une vraie identité de jeu, avec un système assez défensif au départ mais permettant aux joueurs offensifs de bien s’exprimer également. Et une forte cohésion autour du souvenir des morts de 1993. A nous de trouver une belle alchimie collective aussi…

Votre ancien coéquipier en sélection, Titi Camara, devenu ministre des Sports, concentre la vindicte populaire. Lors du dernier match, le public s’en est vivement pris à lui. Quel est votre avis sur cette situation ?
Elle prouve que les gens ont toujours besoin de trouver un coupable. Mais aussi que certaines choses doivent être clarifiées en haut lieu.

Plusieurs pays du Maghreb ou d’Afrique de l’Ouest ont mis en place une cellule de suivi des joueurs binationaux. Si la Guinée vous demandait de remplir ce rôle, que diriez-vous ?
Ce serait un honneur de travailler pour le pays. Ces petits jeunes, je les connais, plus jeune j’ai vécu les mêmes choses qu’eux et je comprends leur mentalité. Reste à la Fédération à faire des efforts. Et là… Il faut se rendre compte que pour convaincre un jeune binational, il faut non seulement aller parler au joueur, mais aussi convaincre sa famille et son entourage, ce qui n’est pas toujours simple. C’est un gros travail, et j’ai peur que la Fédération pense qu’on le fera bénévolement…

Pour finir, quel est pour vous le principal manque du Syli national aujourd’hui ?
Il manque surtout un vrai buteur. Ismaël Bangoura, qui a par ailleurs beaucoup de talent, n’en est pas vraiment un. A mon époque, je disais toujours aux milieux offensifs « Faites toutes les conneries que vous voulez avec le ballon, mais n’oubliez pas de centrer à la fin ». J’étais prêt à n’avoir que deux ou trois ballons dans le match mais à les jouer à fond. Il nous manque un joueur avec cette mentalité, un avant-centre qui reste dans la surface et finit le boulot.

Propos recueillis par Patrick Juillard (Rédaction Football365/FootSud)


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