L’humanité célèbre ce jeudi 03 mai la journée internationale de la liberté de la presse. En prélude à cet événement, la présidente du Conseil national de la Communication, Mme Martine Condé, a fait une déclaration dont voici le contenu en intégralité.
« A l’instar d’autre pays de la planète, notre pays la république de Guinée, commémore la 03 mai, la journée internationale de la liberté de la presse. Cet événement rappelons- le, a été instauré par les journalistes de différents pays lors d’une rencontre qui s’est tenue en 1990 à Windhoek, capitale de la Namibie.
A cette occasion, je voudrais, au nom du conseil National de la communication, souhaiter une bonne fête à tous les professionnels de médias par le monde, qui forment la chaine d’information au service du progrès.
Le 03 mai offre aux journalistes guinéens l’occasion de faire le bilan de leurs activités par rapport à la liberté d’exercice de leur métier et d’apprécier eux mêmes leur contribution au renforcement du processus de démocratisation dans notre pays. Vous conviendrez avec moi, il n' y a pas de démocratie véritable sans une presse libre. Et pas non plus de citoyen averti sans une information fiable.
Comme disait Abraham Lincoln, je cite « que le peuple soit informé des faits et l’Etat sera à l’abri du danger » fin de citation. Pour se faire, le CNC estime que la seule voie à emprunter est le respect des lois de l’éthique et de la déontologie qui doivent être pour vous un sacerdoce. Certes vous rencontrez souvent des difficultés dans l’exercice de votre profession. Je citerai en exemple l’absence de rémunération susceptible de vous mettre à l’abri de certaines tentations matérielles. C’est pourquoi le CNC encourage les démarches entreprises pour aboutir à la signature d’une convention collective en faveur des medias privés et à l’obtention d’un statut particulier pour les journalistes du service public.
Un regard rétrospectif nous permet de constater qu’aujourd’hui le paysage médiatique guinéen se trouve transfiguré au point de devenir l’un des plus riches du continent, sinon du moins de la sous-région.
En effet, depuis 1992, le CNC à enregistré plus de 400 titres privés, toutes catégories et deux organes d’Etat que sous le quotidien national horoya et l’Agence guinéenne de presse.
Au plan de l’audiovisuel, le service public s’appuie sur la RTG koloma et la RTG de Boulbinet, chacune regroupant une chaine de télévision et une Radio. Avec l’aide la coopération internationale, 23 Radios communément appelées radios rurales et communautaires font la joie du monde paysan.
S’agissant du secteur privé, sur six autorisations accordées à ce jour, 3 chaines de télévisions émettent à partir de Conakry. Le même registre de l’audiovisuel privé compte 53 stations de Radios ( commerciales, communautaires et corporatives). Une situation à mettre à l’actif des autorités de la deuxième République qui, en 1991, avaient pris la décision courageuse de libéraliser la presse, même s’il faut attendre 2006 pour les premiers médias électroniques privés émettre.
Cette extension n’est autre que l’expression de la capacité très limitée de la presse publique à satisfaire seule tous les besoins en information des populations. Cependant, les medias privés ont encore devant eux un long chemin à faire pour être la résultante d’une nouvelle approche fondée sur une meilleure participation des populations à la définition des objectifs et des mesures à mettre en place .
Toutes choses qui seraient possibles si les journalistes acceptent le principe de responsabilité dans la collecte, le traitement et la diffusion de l’information objective.
Malheureusement, il est aisé de constater que d’importants efforts restent à faire s’agissant notamment du pluralisme de l’information particulièrement dans le service public malgré les soutiens en matière de formation avec l’aide des différentes ONG, d’institutions internationales et les multiples rappels du conseil national de la communication.
C’est à ce niveau que se situent encore les nombreux défis auxquels le CNC fait face le plus souvent. Autant, la vocation première de tout organe de presse est de servir son public, autant la mission du CNC reste et demeure l’encadrement et l’accompagnement des médias dans leurs activités en faveur du pluralisme politique, de l’éveil des consciences et de l’émergence d’une citoyenneté active et responsable, paramètres sans lesquels la démocratie ne serait qu’un vain mot.
Le changement de comportement et de mentalité prôné par la 3ème République doit se refléter au niveau des médias publics et privés, eux qui constituent le baromètre de la démocratie.
Je ne saurais terminer sans me réjouir au nom du CNC du fait qu’au moment de la célébration de cet anniversaire, chez nous en République de Guinée, aucun journaliste n’est en prison et qu’aucun organe n’est fermé ou suspendu.
Le CNC, encore une fois exprime tout son attachement aux professionnels des medias qu’il exhorte à se battre pour l’avènement d’une presse libre et responsable socle d’un Etat de droit.
Bonne fête à tous. Je vous remercie.
Martine Condé, Présidente du CNC
Au micro de Aboubacar Soumah.
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