 En marge du seminaire de présentation du Généric du test de la charge virale, il y a quelques jours à Conakry, les conférenciers à cette rencontre ont bien voulu accorder un entretien à notre redaction. Il s'agit de Marc Torjeman directeur de Biocentric Laboratoire qui produit le généric de la charge virale, et Eric Neriennet expert à l'institut pasteur de Paris.
Voici notre entretien! Tamtamguinee.com : vous venez d’organiser un séminaire de présentation et de vulgarisation du Généric de la charge virale à Conakry.
Avant donc d’entrer dans le vif du sujet, dites-nous succinctement c’est quoi la charge virale ? La charge virale est un outil neurologique qui permet de vérifier si le traitement qu’on donne à un patient sous traitement antirétroviral est efficace. Donc c’est très important pour le patient, pour le clinicien de façon à ce que ce patient puisse rester sous le traitement le plus longtemps que possible sans développer de résistance au traitement. Donc de plus en plus de patients ont accès aux traitements antirétroviraux, grâce à la réduction du cout du traitement. Un outil souvent utilisé qui est le compteur CD4 permet de savoir si on doit commencer le traitement pour telle ou telle personne. Et qu’on commence le traitement il faut qu’on puisse vérifier que ledit traitement est vraiment efficace. Ça permet de suivre le patient sur le long terme. Et c’est ce qu’on appelle la charge virale.
Quels sont les principaux avantages de cette charge virale pour le patient ? C’est essentiel pour le patient. Un patient qui commence le traitement, au bout de deux à trois mois, on va faire le test de charge virale qui permet de quantifier le nombre de virus qui circule dans le sang. Sous l’effet du traitement, on doit plus pouvoir détecter de virus circulant. Donc c’est un signe important puisqu’il montre l’efficacité du traitement. Et si au bout de trois mois, le patient à une charge qu’on dit indétectable, cela veut dire qu’il prend bien son traitement, qu’il n’a pas de résistance et donc qu’il ne va pas évoluer vers la maladie.
Pour les profanes comment savoir la ligne de démarcation avec les produits antirétroviraux ? Les médicaments antirétroviraux bloquent le virus. Ils empêchent le virus de se multiplier et de détruire le système immunitaire du patient. La charge virale permet juste de verifier que le traitement qu’on donne au patient est efficace. Est-ce que la charge virale présente des conséquences pour le patient ? C’est juste une prise de sang comme on fait pour n’importe quelle maladie. Par exemple, un patient qui fait un diabète, on doit pouvoir contrôler son diabète dans le sang. Donc c’est justement un prélèvement sanguin qui permet de faire ce test. Est-ce qu’on peut savoir s’il y a des mesures d’allégement pour l’accès à ce test de la charge virale, une subvention par exemple à l’image du VIH/sida ? Il existe aujourd’hui des tests commerciaux qui permettent d’accéder à cette charge virale. Mais ces tests coutent encore beaucoup trop chers. C’est la raison pour laquelle l’agence nationale de recherche sur le sida en France a réfléchit depuis 1998 1999 à développer un test généric qui permet de réduire considérablement le cout de cet examen de façon à ce que les patients en Afrique, en Asie qui ont besoin de ce test puissent y accéder.
Le traitement prend combien de temps ? Ah le traitement! une personne qui est atteinte du VIH/Sida prend son traitement à vie. Il en est de même pour une personne qui fait l’hypertension, elle va prendre son traitement à vie. C’est la même chose pour le test de la charge virale. Aujourd’hui, le VIH/sida est entrain de devenir une maladie chronique. Donc le patient prend son traitement tout le temps. Mais il est important de pouvoir surveiller l’efficacité de son traitement. Est-ce que le test de la charge virale s’applique à d’autres maladies? Alors ce test de charge virale est un test spécifique pour le virus du sida mais pour d’autres infections virales comme les virus des hépatiques b, c par exemples.
Est-ce qu’on peut avoir une idée sur le cout de traitement ? Il faut bien différencier le traitement du suivi biologique, ça n’a rien à voir. Le suivi biologique, c’est une ou deux fois par an, alors que le traitement c’est tous les jours. Et en termes de cout grâce aux bailleurs de fonds comme le fond mondial et d’autres organismes internationaux, et grâce à la réduction du cout avec l’avènement du générique, les patients peuvent accéder gratuitement au traitement en Guinée. Aujourd’hui, on a entendu cette semaine qu’il il y a près de 20 mille patients qui sont sous traitement, ce t qui un progrès considérable. Mais il est important de suivre la qualité du traitement donné, et ça les autorités sanitaires guinéennes en ont conscience. Ce test coute en moyenne quatre fois moins cher que les autres tests.
Après avoir présenté ce test de charge virale aux autorités sanitaires guinéennes, quels sentiments au départ de Conakry ? On est a été agréablement surpris que les autorités sanitaires que nous avons rencontrées sont conscientes de la nécessité de mettre en place ce type de test en Guinée. Maintenant la question qui se pose est de savoir si elles vont utiliser les tests commerciaux. Et nous ce qu’on leur propose c’est une approche générique qui présente un certains d’avantages par rapport aux tests commerciaux. Dont le coût.
Quels sont les pays où le test de la charge virale coure déjà Si on parle du nord de l’Afrique jusqu’à l’extrême sud, en Algérie, au Sénégal, au Burkina Faso, en Cote d’Ivoire, au Congo Brazzaville, en Zambie, Au Zimbabwe, au Kenya, en Ouganda, au Cameroun, en Centrafrique. Il est également pratiqué en Asie du sud-est, au Vietnam, au Cambodge, au Laos, et très prochainement en Birmanie.
A quand le lancement de ce test de la charge virale en Guinée ? Idéalement, si on pouvait lancer d’ici à trois mois, ce serait exceptionnel pour les Guinéens, les patients et pour nous. Maintenant il faut vérifier que les fonds soient là. Et pour nous, il faut former le personnel en la matière. Mais ça ne dépend pas de nous, ça dépend des autorités.
Le mot de la fin On a rencontré des gens motivés, aux plus hautes autorités de santé, qui ont conscience des problèmes. On a constaté beaucoup de problèmes dans la mise en place des ARV chez des patients VH positifs. la nécessité de ce test de la charge virale. Beaucoup de progrès ont été accomplis dans le cadre des Donc il reste quand même énormément de travail dans la restructuration du pays, dans la qualité du suivi du patient. Il ya aussi cette constance de promouvoir la prévention le plus possible.
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