Au Marché Central de Labé, les masques et autres casques se vendent actuellement comme de petits pains. Chacun tente à sa façon de se protéger de la poussière qui est omniprésente dans la ville. Elle se dépose sur le feuillage des arbres, envahit les toitures des maisons, s’incruste dans les engins roulants et, plus grave, s’infiltre dans les voies respiratoires des humains. Et pour cause !
En effet, depuis le démarrage, il y a quelques mois, des travaux de bitumage de la voirie urbaine, les Caterpillars de la société Enco5 détentrice du marché, creusent, chargent, déchargent et compactent un peu partout dans les 28 quartiers que comptent la ville ; le tout dans un bruit infernal en soulevant des nuages de poussière.
Si chacun se réjouit à la perspective de voir le goudron passer devant sa porte, beaucoup déplorent cependant le non arrosage des pistes travaillées. C’est le cas de Sidy Barry, citoyen du quartier de Tata qui se plaint en ces termes:
« ils devraient accélérer le bitumage des routes, et surtout les arroser pour permettre aux uns et aux autres de pouvoir bien circuler et préserver la santé humaine ».
Par ailleurs, cette pollution de l’air par la poussière et les fumées dégagées par les pots d’échappement des véhicules, combinée à l’harmattan qui fait rage ici, constitue une source de nombreuses infections respiratoires allant du simple rhume à la grippe ou encore la tuberculose. L’hôpital régional grouille des patients atteints de ces maladies.
Chaque matin la ville se réveille enveloppée dans une sorte de voile cotonneux formé par les volutes de poussière de la veille et les fumées des pots d’échappement des quelques 6000 taxis motos qui sillonnent quotidiennement la cité. Une nouvelle journée de pollution recommence !
Depuis Labé, Alimou Sow
sowalimou@yahoo.fr
|