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Cour d'assises: le présumé criminel "Souka" accuse le Cdt Resco et le Gnl Toto...

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De tous les crimes qu’on lui reproche, Mohamed Conté alias ‘’Souka’’ regrette un seul. Celui de tirer sur le capitaine Cécé Théa, un officier de police judiciaire. Ce tir a mis terme à la vie sexuelle de l’officier et laisser d’autres traces sur lui.

« Je regrette vraiment d’avoir tiré sur lui. Je n’ai pas voulu vraiment le faire du mal. Cela est arrivé par accident. Qu’il me pardonne de ce que je lui ai fait », a plaidé l’accusé à qui on reproche près de 25 meurtres dans des vols à main armée et association de malfaiteurs.

Si l’accusé de 36 ans a reconnu les faits, il ne les décrit pas de la même manière que la victime Cécé Théa qui s’est constituée partie civile. Le capitaine estime que Souka a délibérément tiré sur lui, après l’avoir mis au respect. Selon les explications de Théa, ce jour, alors qu’il était adjudant d’escadron à l’escadron mobile N°4 de Matoto, il a avait reçu l’ordre de ses chefs hiérarchiques de procéder à la répartition des agents de l’escadron dans certains quartiers de la banlieue de Conakry. Après cette répartition, il devait rester avec le reste de la troupe qu’il devait dépêcher en cas de demande de renfort.

« J’étais dans mon bureau quand j’ai entendu les coups de feu. Je suis sorti, et j’ai demandé qui tir. Souka m’a dit de ne pas bouger sinon il tirerait sur moi. Je suis resté sans bouger … il a tiré cinq balles sur moi dont une sur mon testicule gauche. Je suis tombé, on m’a envoyé à l’hôpital… », a expliqué en substance le capitaine qui dit être sous traitement jusqu’au jour d’aujourd’hui.

Dans ses explications, Souka soutient qu’il a voulu se venger des gendarmes qui les (lui et ses co-accusés) torturaient à l’escadron. Et qu’il n’avait nullement l’intention de tuer le capitaine qu’il reconnaît ses bienfaits dans sa vie. « J’ai retiré l’arme des mains d’un des agents qui répondait au nom de Tamsir. Je lui ai retiré l’arme parce que j’avais compris qu’ils voulaient nous tuer. On a fait quatre (4) mois et 10 jours de garde à vue à l’escadron. Ils nous torturaient chaque matin. On leur a demandé de nous déférer à la justice, ils ont refusé…Je n’ai vraiment pas voulu faire du mal au capitaine parce que c’est lui qui nous donnait à manger. Quand j’ai commencé à tirer, il s’est approché de moi pour m’arrêter. Je lui ai dit de se retirer, mais il n’a pas compris. J’ai fait des rafales sur le sol, et par ricochet certaines balles l’ont touché…», a expliqué de son côté Mohamed Conté.

Par contre, l’accusé a réfuté la paternité de la mort de Michel Lazare, l’un des agents de l’escadron tué au cours de ces mouvements du 14 novembre 2010. De façon dubitative, Zaoro, l’un des accusés, a imputé la responsabilité de cette mort au commandant de l’escadron et au Jean Gnankoye, l’un des agents.

Le ministère public représenté par l’avocat général William Fernandez a dénoncé la violations des droits humains dont Souka et ses co-accusés ont été victimes en subissant une garde-à-vue de plus de quatre mois alors que le délai normal en la matière est de 48 heures renouvelable une seule fois. « Cet incident aurait pu être évité si vous les avez déférés à la justice », a regretté William Fernandez en s’adressant à la victime Cécé Théa. Souka également en veut au commandant de l’escadron qui a refusé de les déférer à la justice. « S’il nous avait déférés comme nous lui avions demandé, cet incident n’allait pas arriver », a regretté l’accusé.

Sur ce maintien des malfrats au-delà des 48 heures, le capitaine soutient que son chef hiérarchique lui avait dit que c’est l’autorité de la transition qui leur avait ordonné de garder Souka et consorts à leur niveau.

Mory Keita et Mohamed Lamine Sylla nient les faits

Mory Keita ‘’Kif’’ et Mohamed Lamine Sylla, deux des co-accusés de Souka n’ont pas reconnu les faits d’associations de malfaiteurs qui leur sont reprochés. Le premier qui se dit marchand de produits pharmaceutiques dit avoir connu Souka à la Maison centrale alors qu’ils y étaient en prison. Une version des faits différente de celle présentée par le procès-verbal du juge d’instruction. Et qui le présente comme un acolyte de Souka avec lequel il a eu à faire deux vols à main armée. L’accusé a nié la paternité de cette déposition en disant qu’on la lui a attribuée. « C’est à la Maison centrale que j’ai connu Souka et son petit Laurent. Quand j’ai été libéré, j’ai repris le commerce de produits pharmaceutiques. Je payais les produits à Conakry pour les revendre à Bamako. Un jour, j’allais à Matoto quand j’ai rencontré Laurent qui m’a dit que Souka aussi était libéré. Il m’a envoyé chez eux à Dapompa où on attendait d’un moment à un autre Souka. On y est resté jusqu’à 21 heures, Souka n’est pas arrivé. Le petit m’a demandé de passer la nuit avec lui. J’ai accepté. Au cours de cette nuit, il m’a amené dans un bar où j’ai pris deux bouteilles de bière. On est revenu à la Maison (chez Laurent) où on m’a arrêté dans la matinée du lendemain », a expliqué Mory Keita en revenant sur les circonstances de son arrestation.

Mory Keita a été soutenu par Souka qui ne reconnaît pas avoir volé avec lui. Souka a également blanchi Mohamed Lamine Sylla qui se dit apprenti menuisier. « C’est à la gendarmerie de Matoto que j’ai connu Souka », s’est défendu l’accusé soutenu par Souka qui dit l’avoir sauvé des mains des gendarmes qui voulaient les tuer.

Souka accuse l’État

L’accusé principal et ses avocats estiment que l’État est en partie responsable de tout ce qui s’est passé. « Mes amis avec lesquels j’ai fait le front, la déception a tué certains et a rendu d’autres fous », a répondu l’accusé à une des questions de ses avocats. Poursuivant dans ses réponses, Souka a accusé l’État de les avoir formés et les abandonner dans la rue. Il dit être abandonné après avoir défendu l’État guinéen à Pamelap à la frontière guinéo-léonaise lors des attaques rebelles de 2000. Pour son patriotisme manifesté au front, il cite comme témoin le gouverneur de la ville de Conakry, commandant Sékou Resco Camara. Ce dernier l’aurait même surnommé Kôlongni (ndlr : puits), parce qu’il mettait dans le puits des rebelles qu’il égorgeait. Souka déplore qu’il soit récompensé par neuf ans de situation de soi-disant militaire (ndlr : être dans les camps militaires sans être recruté). « À notre retour on n’a pas été recruté alors qu’ils nous l’avaient promis…j’ai encore des traces de balle des rebelles sur mon corps... C’est pourquoi je disais aux gendarmes de l’escadron mobile N°4 qu’ils ne connaissaient pas manipuler l’arme », a fait savoir l’accusé.

L’audition des accusés ayant pris fin jeudi, l’audience de ce vendredi va être consacrée aux plaidoiries et réquisitions.

La Rédaction

Publié le 4/1/2013


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